Dans “Canyoning Nature”, il y a nature. Est-ce qu’il y aurait d’un côté l’humain et de l’autre la nature ? Ou est-ce que nous sommes aussi la nature ? Qui sommes-nous ?

Voilà des questions qui ne cessent de me fasciner. Entre les premiers organismes unicellulaires et l’amas de cellules que nous sommes, il s’est écoulé quelques milliards d’années et bien des rebondissements. C’est notre histoire, l’histoire de la vie sur terre. Nous ne sommes qu’une espèce parmi d’autres, pas la première, ni la dernière…1

Conscient des impacts négatifs occasionnés sur les écosystèmes par nos activités, j’ai l’espoir naïf de pouvoir contrebalancer notre empreinte par des actions positives. Nous vivons pour la plupart hors sol, sans savoir véritablement comment est produit notre nourriture et où finissent nos déchets. Certains auront vu des documentaires animaliers mais moins ont déjà aperçu de leurs propres yeux des moments de vie sauvage ; le survol d’un aigle, le brame du cerf ou une couleuvre à l’affût. S’immerger dans ces canyons et ces falaises est une chance inouïe de côtoyer ces environnements géologiques remarquables et riches de biodiversité. Ce sont des supports pédagogiques in-situ extraordinaires pour découvrir, s’émerveiller, sensibiliser et apprendre ce qu’est la vie et la nature. C’est une occasion de se reconnecter au vivant, retrouver un lien à la nature, à notre nature ; “un retour aux sources”. C’est en ce sens que je pratique cette activité.

Dans le logo de Canyoning Nature se cachent quelques emblèmes. Dans le fond de toile une rose des vents, telle une boussole représente l’aventure et l’exploration. Pour vous guider, je dois vous mener vers la bonne direction, ne pas perdre le cap de vue ; même si parfois, se perdre hors des sentiers battus est une belle opportunité pour se retrouver.

Dans la cascade, c’est une silhouette féminine à l’honneur qui descend en rappel. Nous n’avons pas un passé très glorieux en matière de droits humains et encore aujourd’hui nous ne devons pas baisser la garde face aux discriminations et aux inégalités. Celles-ci n’ont plus lieu d’être. Il en va de même lors de nos activités. Il me semble important d’accorder du respect à chacun. Peu importe votre genre, vos origines ou votre culture ; vous êtes les bienvenus ! Les activités sont ouvertes à tous et c’est un plaisir de les partager. Le sport est un bon moyen pour transmettre ces valeurs et ses vertus éducatives ne sont plus à démontrer.

Nous ne voyons jamais les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous sommes.2

Partager d’autres regards est une belle manière d’apprendre. Rencontrer des personnalités d’horizons diverss et variés à chaque sortie est très enrichissant. C’est une partie du boulot que j’apprécie beaucoup.

Et enfin le lis turban et le gecko vert de Manapany sont des espèces symbolisant la biodiversité et sa fragilité. Le lis turban ou lis de pompone est endémique aux Alpes du sud, c’est à dire que c’est une fleur que l’on trouve uniquement à cet endroit et nulle part ailleurs.3 Le gecko vert de Manapany est également endémique mais sous des latitudes plus tropicales ! En effet, c’est en allant faire quelques canyons sur l’île de la Réunion que j’ai eu la chance de pouvoir observer ce petit reptile. Son histoire est une aventure rocambolesque puisque qu’il est arrivé sur cette île outre-mer transporté sur des radeaux flottants par les courants marins. Depuis cette colonie s’est différenciée génétiquement de sa population d’origine et on la retrouve uniquement sur une fine bande littorale de onze kilomètres de long vers Manapany. Ce gecko est sur la liste rouge de l’UICN en danger critique d’extinction.4 J’ai choisi ces deux espèces comme emblèmes parce que je pense que la vie dans son incroyable diversité est un patrimoine magnificent et qu’elle mérite d’être préservée.

Une société ne se définit pas seulement par ce qu’elle crée, mais aussi par ce qu’elle refuse de détruire.5

  1. Une espèce à part (intégrale) | ARTE
  2. Anaïs Nin
  3. Lis turban ou lis de pompone
  4. Le gecko vert de Manapany
  5. John Sawhill
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